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Avec la participation de: - M. Lagneaux, éducateur spécialisé au service d'aide aux jeunes en milieu ouvert (AMO) « Carrefour J » à Wavre; Ouverture de séance par le modérateur Monsieur Lejeune: L'absence de Monsieur Malmandier ne nous permet pas de développer son projet de loi déposé au sénat le 29 juin 2001 modifiant les articles 36 et 38 de la loi du 1/8/1985 portant des mesures fiscales et autres en ce qui concerne l'aide aux victimes d'actes intentionnels de violence organisant la prise en charge, de façon immédiate, automatique et complète, des frais relatifs aux soins de santé dont doit bénéficier une victime suite à un acte intentionnel de violence. Monsieur Lagneaux, travailleur social à l'AMO Carrefour J présente le projet de sondage que l'AMO a mis sur pied il y a deux ans, celui-ci a été réalisé dans les rues de Wavre auprès des jeunes. Ce sondage a été suivi de réunions de concertation installées depuis un an et demi avec divers intervenants, à la fois du monde politique et social mais aussi avec la police de Wavre.
Monsieur Teys travaille au service de santé mentale de Wavre et témoigne du peu de retour du travail fait avec les personnes et constate que les jeunes et leurs familles consultent très peu de leur propre initiative, c'est plutôt par l'intermédiaire d'un autre organisme que les personnes se retrouvent au service de guidance. Madame Bourtembourg est psychologue au service d'assistance aux victimes de la police d' Ottignies. Elle fait le même constat que les autres intervenants; il y a très peu de plaintes déposées par les victimes de racket. Madame Ferier est criminologue à la police locale de Wavre et signale également que son service est peu confronté au phénomène du racket puisque les jeunes ne portent pas plainte; les jeunes ne veulent pas en parler (à la police) que ce soit par peur des représailles ou à cause de la lourdeur judiciaire. On constate, du moins pour Wavre, que ce sont plus souvent les parents qui se tracassent à propos du phénomène du racket. Le service à développé une méthode d'écoute des victimes: être à l'écoute de ses besoins, de ce qu'elle veut car toutes les victimes n'éprouvent pas le besoin d'être accompagnées psychologiquement. L'écoute doit être faite dans l'objectif de proposer des moyens d'action réellement demandés et/ou nécessaires. Pour le soutien psychologique, le service fait appel à d'autres services d'aide aux victimes. Madame Legat est assistante sociale au service d'aide aux victimes de Nivelles. Son service traite plus des demandes de parents qui se demandent comment réagir, comment soutenir leur(s) enfant(s), s'ils doivent porter plainte ou pas ...Ce service apporte donc un soutien au niveau psychologique et intervient également dans le cadre du soutien par rapport à la procédure. Il travaille aussi en collaboration avec le service d'accueil des victimes au sein du parquet. Madame Legat confirme bien que dans le cadre de leur(s) action(s) il n'y a pas mandat; la personne qui s'adresse à leur service a la garantie du secret professionnel et du fait qu'il n'y aura donc pas forcément de suite judiciaire. Les victimes reçues n'ont pas toujours déposé plainte. Le service prend en charge deux aspects: l'aspect administratif (démarches...) et l'aspect psychologique. Le service administratif est principalement sollicité par les parents (conséquences de dépôt d'une plainte, quelles sont les personnes ressource, est-ce qu'il faut prendre un avocat, quels sont les délais ,...). On se rend compte que souvent les parents sont des gens qui n'ont jamais été confrontés au monde judiciaire et que par conséquent cela représente une véritable épreuve pour eux. La prise en charge de la victime se fait sur un mode d'essai de normalisation. S'il faut une intervention thérapeutique, le service préfère orienter la personne vers des professionnels. Madame Guériat travaille au sein d'un service de prestations éducatives et philanthropiques à Charleroi. Le phénomène du racket n'est pas traité directement, car leur service se situe plutôt dans un cadre qui est judiciarisé (puisqu'il s'agit d'un SPEP). Il est un fait que ce service travaille plus avec l'auteur des faits. Le service a aussi mis en place aussi le système de la médiation. Médiation avec l'auteur car celle-ci permet, dans ce cas, de temporiser l'aspect « judiciaire » du SPEP. En effet, si le SPEP permet d'avoir une intervention assez rapide suite à l'acte, cela implique que l'on entre de fait dans un système « pénal ». La médiation avec la victime: travailler leur(s) attente(s), des attentes qu'elles pourraient avoir par rapport justement à l'auteur des faits. Cependant de ce contact avec les victimes, il ressort un sentiment dit de sur-victimisation; la reconnaissance de la personne en tant que victime est essentielle mais il ne faut pas tomber dans le travers de la sur-victimisation. La médiation, c'est rendre les deux parties acteurs à part entière, mais c'est aussi accepter qu'une des deux parties ou les deux parties désirent rester dans le circuit judiciaire classique. Madame Ferrier (Service d'assistance aux victimes de la Police de Wavre) explique qu'à Wavre la sensibilisation au phénomène du racket s'est faite par la mise en place d'un partenariat avec les écoles, le PMS, Carrefour J, la ville de Wavre et la police. Un sondage avait été réalisé au niveau des 196 zones de police de Belgique. Celui-ci a mis à jour que toutes les polices étaient conscientes qu'il y avait du racket dans leurs zones et que le non-dépôt de plainte pouvait non seulement être dû au fait de la peur des représailles mais aussi au fait que l'objet racketé était une substance illégale . Le phénomène fait aussi l'objet de beaucoup de lieux communs, car sur le terrain il y a très peu de dossiers de faits de racket. Monsieur Lagneaux (AMO Carrefour J) explique son sentiment d'impuissance face à un phénomène où le travailleur se sent souvent seul. Un moyen pour y remédier, c'est de développer le travail en collaboration. Par exemple, une collaboration a abouti à un échange avec la police sur le concept « agresseur victime » (Un jeune peut être, à la fois, victime et devenir agresseur) et à la conclusion qu'il faut traiter cet aspect pour trouver une solution adéquate. Monsieur Teys parlera alors de la difficulté pour les jeunes d'avouer la violence qu'ils ont subi , de comprendre la gravité de l'acte de racket. Le temps joue aussi en défaveur d'une prise en charge rapide. Débat Question sur l'origine de l'appellation SPEP et plus particulièrement sur le terme « philanthropique » Réponse Les missions des SPEP ont évolué depuis leur conception (99), il y a toujours eu un lien avec l'essence du terme et à l'heure actuelle chaque service a un peu sa façon propre de le mettre en pratique. Un travailleur (SPEP le Radian à Bruxelles) explique que le terme « philanthropique » concerne uniquement les prestations éducatives non rémunérées. Ce terme n'est pas à utiliser dans le cadre de la médiation. Question sur la notion de sur-victimisation Victime de l'acte de racket, victime du regard des autres, victime de la lourdeur de l'appareil judiciaire, victime de représailles, victime de l'incompréhension, victime des médias... Comment ne pas rendre la victime, plus victime encore? Réponse Dans son travail de médiation, le médiateur doit apporter toute sa vigilance face à ce phénomène. Il ne faut pas tomber dans le travers de dire que de laisser la victime parler de ses ressentis c'est faire de la sur-victimisation. Il faut non seulement travailler les effets de l'acte physique de violence subi mais aussi la souffrance que peut causer le sentiment d'être « une balance », de faire un acte de dénonciation, de devoir vivre la pression des autres dans son quotidien (retour à l'école là où le racket s'est déroulé). Il faut prendre la victime dans sa globalité et ne pas cloisonner les violences subies.
Toujours en rapport avec la notion de globalité, il est important de replacer l'acte de racket dans une histoire plus complète et complexe de l'individu et amener la victime à ne pas seulement s'arrêter à une simple réclamation de ses droits (réparation-dédommagement), ou / et lui expliquer qu'elle peut travailler certains comportements à risque qu'elle met en place et qui favorisent le racket. Cette prise de conscience fait partie de ses devoirs dans un processus de médiation. Ne pas oublier aussi le sentiment de culpabilité que les parents peuvent éprouver face à une situation de racket vécue par leur enfant. Ce dernier endosse aussi cette culpabilité. L'effet de sur-victimisation peut provenir d'un comportement trop empathique de la part du travailleur ou provenir d'une attitude réticente sur la véracité des faits présentés par la victime. La non reconnaissance de l'état de victime est une agression. Question sur la méthode de médiation Quelle prise en charge de la victime doit-on mettre en place lorsque l'agresseur décide d'abandonner la médiation? La médiation, en alternative aux sanctions, est proposée à l'agresseur, certains jeunes ont aussi vite compris que le non respect de leur(s )devoir(s) étaient généralement peu sanctionné. Que fait-on du droit de la victime? Réponse Pour certains travailleurs l'abandon de la médiation est vécu comme un échec et il leur est très difficile de poursuivre le travail avec la victime. Pour d'autres ils relativisent et mettent en avant le fait que quelque chose a été tenté, que la victime a été reconnue victime et qu'elle a pu à un moment donné être partie prenante dans une tentative de solution. Quoiqu'il en soit il faut absolument préparer les deux parties à l'exercice de la médiation et définir le cadre légal dès la mise en place de la médiation, avertir chaque partie de ses droits et devoirs. En parlant du cadre légal; la notion de droit a été aussi développée: si la médiation a fait l'objet d'un mandat, l'abandon de la procédure pourrait conduire à la mise en place de l'étape suivante du processus par le monde judiciaire. En complément à la médiation; la construction d'un réseau Le système de réseau s'est bien développé pour d'autres thématiques, il est alors sollicité pour les problèmes de racket. Le problème principal est le trop grand nombre de cas non dénoncés, c'est donc un travail de collaboration au compte goutte. Les connections n'ont pas le temps de se formaliser, de se mettre en place, de se développer et donc d'être efficaces; de plus elles ne sont pas connues tant par les travailleurs sociaux, que par les victimes et les agresseurs. Ces contacts à l'aveuglette font parfois plus de tort que de bien car souvent la victime est amenée à raconter son histoire de nombreuses fois, sans pour cela trouver un endroit où l'on va solutionner le problème. Une des solutions: la prévention - Ne plus banaliser le « chapardage » de la collation dès la maternelle;
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| J'ai la lourde tâche de faire une carte blanche, je pense que celle-ci va plutôt être colorée. Premièrement J'ai d'abord été fort inquiète. Etais-je dans le bon atelier? En effet, les professionnels du secteur nous disaient d'emblée qu'ils n'avaient que très rarement l'occasion de rencontrer des victimes. Alors, de deux choses l'une: soit il y a peu de victime soit le chiffre noir est très important. Deuxièmement Les débats ont porté sur la médiation victime-agresseur notamment au niveau des SPEP. A ce sujet, quelqu'un a soulevé le paradoxe de cette "obligation" d'aller en médiation. Troisièmement Nous avons essayé de mettre en évidence le concept de survictimisation. Comme le concept de racket, les gens l'appréhendent de manière très différente. Ne faudrait-il pas se revoir pour tenter d'harmoniser nos concepts? Quatrièmement Un débat intéressant sur le type de prévention au niveau des écoles primaires a été entamé mais nous a laissés sur notre faim faute de temps. Cinquièmement J'ai remarqué la grande difficulté de parler de la victime sans déraper sur des propos qui devaient sûrement alimenter les débats de l'autre atelier. Je félicite d'ailleurs la manière adroite avec laquelle notre modérateur a recentré les débats sur la victime. Sixièmement J'ai été interpellée par la question du lien: lien avec la victime, lien entre les services. Pour terminer, comment passer sous silence l'intervention d'un participant constatant la grande passivité de tout un chacun face à des agressions dont il est témoin. |