Modérateur: Daniel Hanquet, travailleur social au CPAS de Rixensart et membre du CAAJ de Nivelles.

Personne ressource: Philippe Renard, directeur de l'AMO Carrefour J à Wavre

Intervention de Philippe Renard
directeur de l'AMO Carrefour J à Wavre

En guise de préambule, Philippe Renard constate que les éducateurs de rue qui avaient été invités à titre de personnes ressources dans l'atelier ne sont pas venus. Il pense que le titre donné à l'atelier a du être mal appréhendé par certains qui pensaient peut-être devoir se positionner du côté du contrôle social ou celui de la "prévention connivence". Or, ce titre est simplement l'expression de deux pôles extrêmes du travail de rue, chacun pouvant se situer entre ces deux pôles. Il signale aussi que les concepts de « prévention connivence » et de « prévention confidence », qu’il emploie par la suite, sont issus du précis de criminologie de Raymond Gassin et ont le mérite de pouvoir cataloguer un type de travail préventif.

En tant que directeur d'un service AMO (Aide en Milieu Ouvert, service dépendant du secteur de l'Aide à la Jeunesse), Philippe Renard explique que l'essentiel du travail mené auprès des jeunes se fait à partir de la parole de ces derniers, grâce notamment au fait que les travailleurs sociaux des AMO sont tenus au secret professionnel et que rien ne peut être dévoilé sans l'accord du jeune. Malgré le fait que le service se fait régulièrement interpeller par d'autres instances qui souhaiteraient que les intervenants de l'AMO fassent du travail de rue de type contrôle social, ces derniers ont toujours fait du travail de rue dans une optique de « prévention-confidence ». Cette position, proche du thérapeute, a permis, au fil du temps, d’instaurer un réel climat de confiance avec les jeunes des quartiers. Néanmoins, si cette position paraît confortable, elle n’en contient pas moins des effets pervers notamment concernant la problématique qui nous rassemble.

Ainsi confrontés au phénomène du racket, les travailleurs de rue de l’AMO ont dû approfondir la réflexion sur la position qu'ils avaient et la pratique qu'ils développaient. En effet, comment ne pas tomber dans la prévention « connivence » quand on connaît à la fois la victime et l'agresseur ? Fallait-il fermer les yeux et faire comme si on ne savait rien? Quel impact a notre service en matière de prévention si on se contente d'ignorer certains faits délictueux dont nous avions connaissance? Et comment se positionner par rapport aux jeunes qu’on côtoie lors d’animations dans les établissements scolaires et qui nous voyaient, de loin, sympathiser ou rigoler avec des jeunes, pour certains "racketteurs", dont ils pouvaient être les victimes ?

La réflexion sur la notion de prévention « connivence » s’est donc construite à partir du regard des jeunes victimes potentielles qui, sans oser venir nous dire bonjour, pouvaient, à juste titre, croire qu’on acceptait, ou pire, qu’on cautionnait la présence de ces jeunes et leurs agissements.

C’est à partir de cette constatation que l'équipe de Carrefour J a décidé d'arrêter le travail de rue dans certains endroits. Elle continue à travailler avec tous les jeunes, agresseurs ou agressés, mais sans les côtoyer dans la rue. Nous ne voulons pas ou plus, signale Philippe Renard, renforcer la loi du silence qui entoure le phénomène du racket organisé, notamment par rapport à une position de travailleur de rue qui porte à confusion.

D'autres dispositifs de travail de rue existent, ceux-ci ne sont pas tenus au même cadre légal que les AMO et peuvent peut-être mieux travailler sur le phénomène du racket dans la rue.

Quelques réflexions issues du débat

- Réaction de J-M Olislagers, systémicien: « deux remarques: le travail de l'AMO peut être celui de scinder l'acte de la personne et il ne faut pas confondre connivence et complicité ».

- Philippe Renard: « il faut arrêter que croire que tous les racketteurs sont des petites crapules, certains jeunes vivent dans un mécanisme où c'est la loi du plus fort qui prime, le fait qu'il y ait un bouc émissaire arrange beaucoup de monde: c'est plus souvent sur les mécanismes qu'il faut travailler que sur les personnes ».

- Une travailleuse du Centre de guidance de Tubize: « on ne peut pas limiter la personnalité à un acte sinon il n'y a pas de travail thérapeutique possible, il faut être dans la confiance pour aider ».

- Une travailleuse du PSI: « lorsqu'on travaille en prévention, il ne faut pas dénoncer sinon on est grillé. Il faut continuer à travailler avec les agresseurs mais dans des cadres différents, il ne faut pas voir ces jeunes comme seulement des agresseurs... »

- Philippe Renard: « En effet, il faut distinguer quelqu'un qui commet un fait qualifié infraction de quelqu'un qui entre ou qui est, dans une « carrière » de délinquant. Par rapport aux cadres différents, il existe un empilement de dispositifs de prévention et de répression et il serait souhaitable que chaque service soit clair par rapport aux missions qu'il remplit et qu’il est censé remplir. »

- Un travailleur AMO de Schaerbeek: « Dans les grandes communautés urbaines, le pouvoir communal a tendance à vouloir mettre les services qui s'occupent des jeunes « en continu » (un par secteur pour couvrir toute la commune de manière indifférenciée): il en résulte une confusion des rôles entre AMO, éducateurs de rue, PSI, etc. Il faut de la proximité par rapport aux familles, le racket fait parfois partie de l'économie familiale, ce phénomène est accepté par les parents: dans ces circonstances comment travailler cela? »

- Un éducateur de rue de Huy: « Souvent, les jeunes ont une « image policière » des éducateurs de rue, il faut des années pour casser cette représentation, il faut connaître les jeunes et leurs familles. Or, on n'arrête pas de changer les équipes régulièrement, il faut sans cesse recommencer ce travail, les éducateurs de rue ne sont pas reconnus, ils sont eux-mêmes parfois en marge des travailleurs sociaux... »

- Jean-Marc Olislagers: « Dans le phénomène de racket, il ne faut pas de généralisation, il est extrêmement dangereux d'imaginer des processus standardisés et transférables d'un endroit à l'autre. »

- Viviane Jacquet, ancienne médiatrice scolaire: « il est important que chacun soit à sa place, la culture de travail de chaque intervenant est différente et il serait important de la (re)connaître ! Il faut travailler dans la complémentarité, pour ce faire l'école doit s'ouvrir aux jeunes, aux parents et aux autres travailleurs sociaux. »

- Un travailleur de rue: « lorsqu'on est en première ligne, le rôle du travailleur est d'être un relais, il faut travailler en réseau mais connaître tout le réseau est souvent difficile, par exemple: notre maillon de la chaîne n'est pas reconnu. Il faut arrêter de travailler en concurrence et jouer la complémentarité. »

- Une représentante de la Police d'Ottignies: « quand des travailleurs de rue ramènent des jeunes vers l'AMO, celle-ci se retranche systématiquement derrière le secret professionnel, si on veut travailler en complémentarité il faudra apprendre à mettre de l'eau dans son vin ! »

- Une travailleuse du Centre de guidance de Tubize: « au niveau du secret professionnel, il faut travailler avec le jeune sur ce qu'il est d'accord qu'on dise et sur ce qu'on ne peut pas dire, il ne faut pas coincer les personnes dans des divulgations mais bien travailler en concertation. 

 

 
 
 
J'ai suivi pour ma part les travaux de l'atelier n°1 et j'ai écouté les échanges au départ de deux choix.

En premier lieu, j'ai choisi de ne pas me couper l'esprit de ce que j'avais entendu hier et je tenterai donc un rapport plus global que celui qui touche aux débats de l'atelier en tant que tel.

Deuxièmement, j'ai essayé de me demander si j'entendais dans les propos des uns et des autres, positivement ou en creux, des propositions d'actions: j'ai essayé de me rendre attentif aux discours qui avanceraient qu'il y a, en matière de racket, une politique de prévention possible.

A ce sujet, soyons attentifs à ne pas adopter involontairement la culture politique de la classe moyenne; la position moyenne de ce groupe social le conduit souvent à un double discours face à la politique: un discours très critique, portant souvent sur les intentions supposées (« nous ne sommes pas dupes des intentions du pouvoir ») et un discours démobilisé (« on n'y peut rien changer, on n'est pas entendus, etc.). La position moyenne est une position du Ni-Ni: ni dupes ni acteurs. Nous pouvons au contraire affirmer que la politique c'est nous aussi et tenter de voir si des objectifs politiques clairs et réalistes pouvaient se dégager en matière de prévention de cette forme de violence entre pairs que constitue le racket.

J'en ai distingué trois.

a) Il est clair que si nous voulons une mobilisation plurisectorielle comme beaucoup de gens l'ont demandé dans l'atelier, il faut lever l'extrême confusion qui règne à propos des cadres de l'action. Je pense que la plus grande partie de l'atelier du matin a été consacrée à des échanges d'expériences et de ressentis à propos des cadres de l'action (entendons les dispositifs légitimés par des cadres légaux) et non à des débats portant sur l'action en tant que telle.

Expressions, réflexions à propos des cadres qui se sont énoncées avec beaucoup de souffrance de la part des professionnels. Il était ainsi extrêmement frappant d'entendre une série de témoignages

d'agents souhaitant se mobiliser, ayant des idées et se trouvant mal à l'aise dans une confusion portant sur le cadre de leur action ou sur l'articulation de plusieurs cadres. Il me semble qu'il y a une priorité absolue et elle est bien de nature politique: diminuer la confusion des cadres par une négociation.

b) On peut soutenir avec force qu'il est possible de lutter contre les conditions d'apparition probable du racket. Ces conditions sont inscrites dans les structures et nos travaux ont montré qu'il était possible d'agir politiquement sur elles.

Premier exemple: les directeurs d'écoles qui ont expliqué que la loi du silence dans l'école (dont profitent directement les comportements de racket) est produite par l'obligation nouvelle qui frappe l'école d'avoir, en termes de marketing, une bonne réputation. Cette obligation nouvelle vient de ce que le financement de l'école s'est individualisé: un élève inscrit égale une capacité d''organiser l' offre d'enseignement (un élève « vaut » x heures d'enseignement, c'est le fameux système du NTPP). Le pilotage du système par la demande individuelle plonge évidemment, structurellement, les écoles dans une obligation de marketing. Un objectif politique clair se dégage donc: ayons la peau du NTPP et de ses nombreux effets pervers (comme celui de créer une marchandisation de la demande d'enseignement)! Après tout, d'autres secteurs tentent bien de sortir d'un pilotage par la demande, on ne voit pas pourquoi ce ne serait pas possible aussi dans l'enseignement.

Deuxième exemple d'objectif politique à portée de la main me semble t-il: nous avons entendu que pas mal de racketteurs étaient également des jeunes sans avenir, voués à la consommation sans avoir les moyens d'exercer leurs choix et leur goûts. Il me semble donc qu'en termes d'orientation scolaire il y a une action politique très claire à mener pour que l'orientation ne se limite pas à calculer des compétences techniques mais intègre des raisonnement culturels et sociaux.
Ca me parait un objectif politique tout à fait atteignable, notamment en réfléchissant politiquement aux missions des CPMS.

Troisième exemple, au niveau de l'emploi: on nous a rappelé ce matin l'importance de la disparition des petits boulots et ses conséquences dramatiques au niveau de l'intégration. Ne sommes-nous pas nombreux aujourd'hui à dire que si l'emploi va si mal c'est que l'arbitrage entre le capital financier (incarné par la spéculation internationale) et le capital économique (la production de richesse par le travail) se fait systématiquement en faveur des rentiers, avec des conséquences catastrophiques sur le marché de l'emploi. Il me semble que c'est une réorientation progressiste que l'on peut soutenir que de dire qu'il faut rééquilibrer cet arbitrage désastreux.

Enfin, au niveau du logement on a eu pas mal d'exemples d'actions à mener sur le marché du logement. On a parlé de Mons hier, où on voit très bien qu'il faut aller vers une mixité sociale dans le logement pour éviter la formation de ghettos sociaux etc,

On peut évidemment se demander qui doit porter ces objectifs politiques? D'abord, de toute évidence me semble t-il, l'AMO. Son travail communautaire ne consiste-t-il pas notamment à faire le lien entre les problématiques sociales et les causes structurelles dont je viens de parler, en attirant l'attention des autorités sur les conséquences à long terme des décisions politiques qui sont prises ou non prises?

Ensuite, évidemment, c'est à un mouvement social qu'il appartient de peser sur les orientations que prend le développement de la société. Est-ce rêver que d'évoquer une telle possibilité? Je ne le pense pas puisque ce mouvement social est à nos portes. Nous sommes occupés dans toutes sortes de secteurs, l'insertion sociale et professionnelle, l'éducation permanente, l'enseignement, l'aide à la jeunesse à conquérir de meilleures conditions de travail. Il importe de ne pas limiter nos revendications à ce juste aspect des choses et de porter le débat sur le rôle irremplaçable que nous jouons dans cette société: c'est nous qui prouvons que le lien social est finalement plus avantageux que la guerre de tous contre tous, y compris au niveau économique. Ce rôle essentiel de production du lien social et du capital culturel, c'est nous qui le jouons et il est important que nous revendiquions une place adéquate par rapport à nos responsabilités.

c) Troisièmement, il est possible me semble t-il de lutter contre non plus les conditions d'apparition mais les conditions de production du racket. Là c'était très clair, je pense que les deux journées ont été précises là dessus, il faut pour gagner s'attaquer aux micro-violences invisibles que l'on trouve partout (celles qui se vivent au quotidien et qui échappent aux regards comme aux sanctions, comme le définit Pierre Bourdieu).

Dans la mesure où, comme le disaient Jean-Marc Olislagers et Patrick Traube, le racket surgit ici mais pas nécessairement ailleurs - alors que les conditions d'apparition sont plus ou moins semblables ici et là, il convient d'identifier quels sont les facteurs concrets, « micro » qui peuvent produire le racket.

Quelques objectifs parfaitement clairs ont été avancés dans ce domaine: réinvestir dans l'action culturelle et sociale, ce qui veut dire comprendre et déplacer - je dis bien déplacer - les codes de valeur des personnes qui sont prises dans les actes de violence qu'elles perpètrent.

Il va de soi que ce n'est pas en leur « expliquant » qu'on va les aider à déplacer certains codes de valeur: on apprend ceux-ci par l'expérience, en développant des expériences qui donnent des chances de déplacer de tels codes, en les mettant au travail pratique.

Autre objectif: résistons et luttons contre les dérives communautaires, telles qu'entendues par Patrick Traube – à savoir l'emprise de la communauté fermée, identitaire. A ce sujet, les dernières initiatives en matière scolaire (écoles D+, école de caïds, etc) posent question.

Investissons dans les familles, considérons-les comme des institutions (avec leurs variantes: institution totale, institution décomposée, institution amnésique...), soutenons la parentalité, - ce qui ne veut pas dire conseillons-leur de lire Laurence Pernoux. Il y un effort important à faire pour mieux comprendre les systèmes de sens qui guident les pratiques familiales, ce qui nous permettrait par exemple d'éviter de croire que les parents issus d'une immigration maghrébine se désintéressent de l'école, c'est vraiment n'importe quoi.

Dans cet ordre d'idées, j'ai beaucoup apprécié chez pas mal d'intervenants tous secteurs confondus la modestie qui a prévalu dans les débats. Chacun disant « balayons devant notre porte nous produisons nous aussi des micro-violences ».
Je pense qu'il ne serait pas impensable d'imaginer, puisqu'on parle de transectoriel, des séminaires où on essaye de discuter, avec l'appui des agents issus d'autres secteurs, de sa propre situation plutôt que de celle des autres. J'ai eu personnellement l'occasion de participer à un séminaire de ce genre à Huy, où chacun essayait de voir en quoi ses pratiques institutionnelles pouvaient être stigmatisantes et c'était très riche d'enseignements.

d) Quatrièmement, il est important de reconnaître qu'on peut échouer dans une stratégie de prévention. Il faut alors qu'entrent en scène des pratiques différentes, qui relèvent davantage du rappel de la Loi et du maintien de l'ordre. Je souhaite que ces actions d'une autre nature ne jouent pas sur les mots en prétendant elles-mêmes faire de la prévention: pour éviter un recours à des interventions qui montent trop vite en puissance, elles peuvent certes recourir à des stratégies de dissuasion (c'est ce qui était évoqué lorsqu'on demandait de restaurer l'autorité dans l'école, en étant attentifs aux espaces « francs ») mais nous ne gagnons rien à ce que cette dissuassion s'autoproclame préventive.
Quant à ce qui relève des interventions de sanction, je le dis tout net, j'ai entendu ce matin des horreurs qui faisaient largement l'impasse sur l'esprit de la loi de 65. Existe t-il encore dans ce pays une attitude culturelle qui considère que l'adolescent est en apprentissage et que donc la sanction qui doit éventuellement être prise par rapport à lui s'inscrit nécessairement dans une orientation éducative et protectrice? Donc j'ai entendu des propos faisant l'impasse là-dessus, appelant de façon fort légère à une tolérance zéro qui n'a jamais prouvé son efficacité, mais qui, dans certains cas, a prouvé son inefficacité. La dernière livraison de « Manières de voir » consacrée à l'insécurité donne la parole à des policiers: ils montrent que l'obligation dans laquelle ils se trouvent de procéder à des actions de type tolérance zéro (exemple: des contrôles d'identité systématiques à l'encontre des groupes de jeunes dans les halls des immeubles) rend leurs autres actions moins efficaces: à méditer !

En conclusion, je voudrais revenir sur l'extraordinaire chaos qui se dégage des dispositifs empilés les uns sur les autres et sur la difficulté des professionnels à en parler.

A ce sujet, une priorité me semble être de ne pas accepter le déni. Par exemple, des travailleurs de rue se sont exprimés le matin en évoquant la transformation de leur cadre de travail « PSI » (Plans sociaux intégrés) vers un cadre « PPP » (Projets de Prévention de Proximité, ex-plan « Zen »). Ne disons pas que c'est la même chose, ce n'est pas la même chose, on passe à une autre orientation, à une autre idéologie et on est occupé à détruire là un capital d'expérience qui a fait ses preuves en le remplaçant par quelque chose qui ne les a pas faites, loin s'en faut. Prétendre que c'est la même chose, ça me parait d'une grande violence pour les professionnels et pour la population.

Si nous voulons sortir du chaos institutionnel, il faut qu 'on arrive à débattre sereinement du fait que tout le monde ne peut ni ne doit faire tout les métiers n'importe où n'importe comment. Philippe Renard a bien expliqué ce matin, de manière rigoureuse, qu'au niveau du travail individuel dans son AMO, l'outil « travail de rue » avec les jeunes auteurs ou victimes de racket n'est pas un outil efficace. Ça ne veut pas dire, loin s'en faut, que le travail de rue en tant que tel doit être abandonné. Mais la crainte ou le désappointement présent chez certains professionnels sont tels que les débats ont vite quitté la confrontation précise des situations pour se porter sur la généralité.

La situation chaotique dans laquelle nous nous trouvons a fait qu' on a discuté avec beaucoup de légéreté, avec trop de légéreté, excusez-moi de le dire, des dispositifs qui peuvent être mobilisés en matière de racket. Et une mobilisation générale sans une réflexion critique sur l'articulation des dispositifs risque bien d'être terriblement contre-productive, ce qui serait paradoxal.