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Le racket est avant tout une affaire d'intimidation ! Définition de l'intimidation, d'après les recherches de William Voors, travailleur social clinicien à Fort Waine, Indiana (USA) Définition : il y a intimidation quand une ou plusieurs personnes ont du plaisir à utiliser le pouvoir pour maltraiter de façon répétitive et constante une ou plusieurs personnes. Trois critères essentiels doivent être rencontrés pour que l'intimidation existe : - Il doit y avoir des gestes négatifs répétés et constants contre la cible, provoquant un affaiblissement de l'estime de soi ; - Il doit y avoir un déséquilibre de force entre l'intimidateur et la cible (force dans le sens physique mais aussi verbal (habilité) et social (popularité) - Il doit y avoir une différence entre les émotions ressenties par l'intimidateur et par celui qui est la cible, par suite d'un incident d'intimidation hypothèse de plaisir pour l'intimidateur et hypothèse de peur et de souffrance pour la cible différent de 2 personnes en colère toutes les deux (exemple bousculade)
Un lien indispensable est à faire avec les trois ASPECTS SPATIAUX, TEMPORELS ET THÉMATIQUES : - Un aspect spatial : c'est le lieu où la violence de l'intimidation est admise - rapport avec la délimitation d'un territoire individuel et collectif, intime et public, la frontière dedans/dehors, la présence et l'exclusion de tiers. - Un aspect temporel : déclenchement de l'interaction et chronologie de l'action prédéterminés. Il s'agit de moments ritualisés où l'émergence de l'intimidation semble hautement probable - Un aspect thématique dans le sens où des évènements, des circonstances ou des contenus de communication déclenchent le processus (exemple : le cours de gymnastique mettant en évidence la grosseur du corps ou les défauts physiques de la victime). Il est opportun de se méfier du « poids des mots » et d'éviter l'utilisation des mots « victime » et « bourreau » (pour le racketteur). En effet, nulle « victime » ne sortira de son statut si elle ne peut entrevoir en quoi elle participe de ce statut et donc de sa modification ; nul « bourreau » ne pourra sortir de son état s'il ne peut entrevoir quelle liberté il a de le faire. Je donne donc préférence à l'utilisation des termes d'acteurs : acteur émetteur qui met en acte l'intimidation pour le racketteur et acteur récepteur pour la « victime » qui met en acte la réception de l'acte d'intimidation, puisque l'intimidation n'est pas un individuel mais bien la manifestation d'un phénomène interactionnel. Trois types d'intimidation co-existent (les trois types peuvent être rencontrés simultanément dans la même situation) : - Physique (maintenir la tête dans un wc), L'intimidation et par voie de conséquence le racket doivent à tout prix échapper à la banalisation. A cet effet, il me semble important de prendre en compte les ASPECTS COMMUNICATIONNELS : - Edward Hall dit : « Je soutiens depuis longtemps que la CULTURE est principalement un processus de communication ». - « Activité ou inactivité, parole ou silence, écrit WATZLAWICK, tout a valeur de message. De tels comportements influencent les autres, et les autres, en retour, ne peuvent pas ne pas réagir à ces communications, et de ce fait eux-mêmes communiquer. Il faut bien comprendre que le seul fait de ne pas parler ou de ne pas prêter attention à autrui ne constitue pas une exception à ce que nous venons de dire ». ON NE PEUT PAS NE PAS COMMUNIQUER est le premier axiome de l'étude de la communication par l'école de Palo Alto. En conséquence, j'émets l'hypothèse que toutes les réponses (ou non réponses) apportées aux situations d'intimidation et de racket auront une haute valeur communicationnelle (essentiellement non verbale) et contribueront au renforcement (ou non) des croyances d'impunité.
Il me semble également impératif de dénoncer les mythes qui circulent à propos de l'intimidation et de faire en sorte que ces mythes ne soient plus au service du renforcement des croyances limitantes par rapport aux actions possibles : - L'intimidation est toujours physique Il est nécessaire de tenir compte de l'importance de l'influence du système de croyances et de modèle du monde de l'agresseur et de l'agressé : - Hypothèses de croyances pour la victime : justification de la violence reçue - croyance que les choses ne peuvent être autrement ; La modification, par l'intervention, du système de croyances est un levier possible au niveau de l'action au service des deux parties. L'influence des rôles n'est pas à négliger elle non plus, en tenant compte du caractère social du rôle : comment s'inscrivent l'intimidateur et la cible dans le système ? CORRESPONDANCE DES RÔLES Le que faire pour changer les choses (hypothèses d'action) - Signifier la loi sociale en substitution à la loi privée Si alliance possible avec intimidateur et victime : - Changement de représentation (relation par ex.) Si alliance impossible : - Travailler à un changement de représentation de soi-même et des ses relations avec l'intimidateur
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