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Sur ce sujet souvent "tabou" il n'existe pas de statistiques, peu d'informations et aucune référence. Pour appréhender cette problématique, la Ville de Wavre est devenue le premier interlocuteur de Carrefour J pour l'aider à mettre sur pied un groupe de travail informel pluridisciplinaire dont la mission consiste à évaluer la situation à Wavre, centre scolaire important, dresser un inventaire des moyens de lutte, trouver des solutions et les mettre en œuvre. C'est ainsi que des acteurs de terrains et les autorités publiques ou morales confrontées de près ou de loin au sujet se sont retrouvés régulièrement autour d'une table pour réaliser un travail de pionnier. Je tiens notamment à remercier le Juge de la Jeunesse, le Substitut du Procureur du Roi, la Police locale, la Cellule d'aide aux victimes, les directeurs d'école, les centres PMS, le Service d'aide à la Jeunesse, pour leurs disponibilité et leur assiduité. Je tiens à souligner que grâce à la collaboration sans aucune réticence des directions d'écoles de tous réseaux, des avancées importantes ont été engrangées. D'emblée, la complexité de la tâche nous est apparue, tant les formes de racket étaient variées; de même qu'il s'est avéré que la prévention devait se manifester très tôt, dès la maternelle. Après quelques rencontres, un premier résultat tangible s'est manifesté en ce sens qu'une collaboration plus efficace et surtout plus rapide entre les différents services de la Justice et la Police a été organisée. Le fait de connaître ses interlocuteurs ou de mettre un visage sur un nom modifie fondamentalement les rapports entre les intervenants. Enfin, au mois de mars de cette année, la nécessité d'organiser un Forum sur le racket, probablement le premier du genre, s'imposa aux participants pour étayer leurs travaux et notamment recueillir des témoignages de situations ou d'expériences vécues. Ce fut effectivement une initiative intéressante et déterminante pour la continuation de nos travaux. A cette occasion, nous avons eu la confirmation d'un fait interpellant et dérangeant que nous avions pressenti: la déresponsabilisation, voire même le désintérêt des parents pour cette problématique. Par la suite, des sous-groupes de travail spécialisés furent mis en place pour arriver, in fine, à la conclusion que ce colloque s'avérait indispensable. En effet, ce qui n'était au départ qu'une enquête relative à l'étude d'un problème local lié à la présence de nombreux élèves et d'incidents autour de la gare s'est rapidement avéré beaucoup plus vaste, notamment à cause de l'utilisation du rail par les étudiants. La police des Chemins de Fer éprouve d'ailleurs des difficultés de plus en plus grandes pour agir efficacement sans le concours de polices locales vu la généralisation du GSM et le nombre élevé et rapproché d'arrêts de gare. Le travail réalisé par le groupe créé à l'initiative de Carrefour J ouvre de nombreuses pistes, ébauche des solutions mais il faut avoir l'humilité de reconnaître que nombreuses aussi sont les questions qui restent sans réponse et je ne doute pas qu'à l'issue de ces journées des avancées significatives dans la lutte contre ce fléau verront le jour. La loi du silence, l'isolement des victimes, le phénomène de bande ou la multiplicité des formes de racket sont autant de sujets qui nécessitent analyse et réflexion fines pour pouvoir les appréhender avec succès. Dans le choix des solutions à mettre en place, nous n'avons pas droit à l'erreur car, comme l'ont déjà démontré plusieurs intervenants hier, tout échec accentue encore les souffrances de la victime, pouvant aller jusqu'au suicide. Par contre, ce que nous avons retenu avec certitude c'est qu'il est indispensable de travailler en étroite collaboration ou en réseau pour obtenir des résultats positifs et axer nos actions sur la prévention et le dialogue dès le plus jeune âge. A titre personnel, je suis intimement convaincu qu'une majorité des succès qui seront acquis dans la lutte contre le racket viendra des jeunes eux-mêmes. Cette conviction personnelle sera probablement confirmée ou infirmée à l'issue de cette rencontre. Enfin, pour mener ce combat il faut des moyens. Je tiens à remercier le Ministre Charles MICHEL d'avoir financé une partie de nos actions dans le cadre des plans de prévention et de sécurité de la Région wallonne, de même que Madame Nicole MARECHAL qui nous fait le plaisir de participer à cette journée dans le cadre de ses compétences à la Communauté française. Je ne doute pas que nous pourrons compter sur son aide pour mettre en place ultérieurement des initiatives concrètes. On peut en effet organiser des groupes de travail, des forums ou des colloques, mais il faut à un moment donné "atterrir", agir concrètement sur le terrain et surtout obtenir des résultas probants. Je terminerai en formant ce vœu et en remerciant à nouveau Carrefour J, sa présidente Mme Anne-Marie PLUMIER BACCUS, son directeur Philippe RENARD, la coordinatrice de ce colloque ALICE POPLEU et toute son équipe. Bon travail.
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